Jean-Claude Marcourt

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De la vente d’armes à la vente de la FN : mise au point

13/01/2016 00:00 / économique

De la vente d’armes à la vente de la FN : mise au point

 

« Si vis pacem, para bellum » (Qui veut la paix, prépare la guerre). La formule est attribuée à l’auteur romain Végèce. Même si je le regrette, la planète est – depuis la nuit des temps – en conflit permanent. Les démocrates que nous sommes mettent tout en œuvre pour encadrer scrupuleusement la vente d’armes afin que ces dernières soient utilisées à bon escient, pour défendre  la paix et non pour intenter la guerre.

A chaque fois que la question de ce fragile équilibre se pose,  ils sont nombreux à crier au loup et à vouloir se laver les mains, notamment  en abandonnant la Fabrique Nationale en rase campagne. Vaste hypocrisie évidemment : en quoi le passage sous pavillon privé de l’entreprise changerait-il la donne en matière d’éthique ? En quoi les guerres seraient-elles « miraculeusement » moins meurtrières parce qu’une entreprise liégeoise cesserait ses activités ? Pourquoi devrions-nous mettre à la rue des centaines de travailleurs pour nous donner l’illusion d’une bonne conscience ?

Il convient donc de séparer les deux débats.

Sur la vente d’armes, je rappelle pour la millième fois que le secteur ne vit pas « hors balises ». Loin de là. Et que la Wallonie s’est dotée, au contraire, d’un des régimes les plus contraignants en la matière, régime qui respecte plus que scrupuleusement les prescrits des Nations Unies et de l’Europe.

Sur la vente hypothétique de la FN, que les plus machiavéliques de mes détracteurs appellent sa « privatisation », je n’ai jamais changé de position. Il y a plus de dix ans, soit le 21 décembre 2005, un quotidien rapportait ainsi mes propos : « Sauf proposition industrielle intéressante pour permettre de faire plus en termes de volume d’emplois et de production, qui n’entrainerait que l’ouverture d’un dossier, il n’est absolument pas question de vendre la FN Herstal ».

Que les zélateurs des privatisations par idéologie ne comptent pas sur moi. Je n’ai pas l’intention de sortir du giron public ce fleuron de l’industrie liégeoise (depuis 1889 !) par principe et encore moins au nom d’une supposée mode ultralibérale. Mais si un entrepreneur me présente un plan de développement ambitieux, qui serait profitable tant aux travailleurs qu’au futur de l’usine, je ne vois pas pourquoi je n’écouterais pas ce qu’il à me dire et je ne regarderais pas de près ses propositions si elles sont sérieuses et garantes du développement de l’entreprise à Herstal. Mais, je le répète, au risque de décevoir certains, jamais, depuis que je suis ministre de l’Economie, je n’ai eu la chance de rencontrer un tel investisseur sérieux.