Jean-Claude Marcourt

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Bon premier mai à toutes et tous!

01/05/2018 01:05 / Amon nos ôtes

Camarades,

 

Jean-Pierre, Isabelle, Pierre et Francis viennent de nous montrer les ravages que produit la droite quand, décomplexée, débarrassée des socialistes, elle peut montrer son vrai visage, celui de représentants d’une caste de nantis. Avec comme corrollaire si ne n’est comme moteur principal, la volonté d’asservir la population à coups de hache dans la sécurité sociale, dans les aides à l’emploi, dans les pensions, dans les services publics. Et en organisant la précarisation de l’emploi : Uber n’est jamais que le libéralisme sans masque.

Mais comme ils n’osent pas, ou pas encore, assumer jusqu’au bout qui ils sont et ce qu’ils font, ils maquillent leurs visées idéologiques sous un verni budgétaire. Ainsi, la société qu’ils veulent serait ainsi une évidence, sans alternative crédible. Ce qui, par une escroquerie intellectuelle – mais ils ne sont pas à cela près -  fait de nous, socialistes, des ringards qui ne comprenons rien à rien.

Dans ce monde fantastique, dans leur monde où il suffit de vouloir pour pouvoir, où l’argent, le confort, la santé, l’éducation, la culture ne sont qu’histoires de volonté individuelle, « pour ceux  qui le valent bien » comme dit la pub, pourquoi encore se battre pour l’égalité, pour la liberté, pour la justice, pour la solidarité, pour le progrès ? En d’autres mots, pourquoi encore être socialiste ?

Leur catalogue des horreurs nous donnent autant de réponses.

Dans une société où l’écart de salaires entre patrons et travailleurs n’a jamais été aussi important, où s’installent une médecine pour les riches et une pour les autres, quand ils peuvent y avoir accès, où la dérégulation du travail fait qu’un job, flexible, intérimaire, à temps partiel, correspond à un tiers d’emploi, nous devons nous battre pour plus d’égalité. Il a raison Michel de dire Job, job, job. Il en faut bien trois pour faire un salaire !

Dans un pays où, à l’heure où les Gafas ont aboli les frontières, des femmes, des hommes, des enfants, poussés dans la misère et le désespoir, n’ont pas le droit  d’aller et venir, fut-ce pour survivre, où l’on n’a pas le droit de recevoir qui on veut chez soi, quand on le veut sous peine d’une descente de basse police, qu’ils appellent visite domiciliaire, nous devons nous battre pour plus de liberté.

Quand on voit un gouvernement qui désinvestit dans ce service public essentiel pour une démocratie qu’est l’appareil judiciaire,  bâtiments vétustes, matériel d’un autre temps, encombrement pour manque de personnel, procédures farfelues…  nous devons nous battre pour plus de justice. Quant au sort des victimes ou de tout citoyen qui attend une décision pour envisager l’avenir, ce n’est sans doute que des détails.

Quand la misère rôde, quand les logements manquent, quand la préoccupation première est d’essayer de donner à manger aux siens, quand pour beaucoup le mot dentiste est un concept plus qu’une profession, nous devons nous battre pour plus de solidarité.

Quand le futur se décline, pour les futurs pensionnés, en une espèce de bonneteau, où tout le monde perd bien sûr,  quand on explique aux  enseignant qu’ils vont travailler jusqu’à 67 ans pour avoir le bonheur de gagner 200 euros de moins de pension mensuelle, quand on renvoie chez elles les jeunes mamans deux jours après leur accouchement, nous devons nous battre pour plus de progrès partagé.

 

Camarades,

 

Sans doute tout ce qui nous révulse sera-t-il célébré comme autant d’avancées  à Jodoigne ou à Court Saint-Etienne… et tant qu’à faire à Bastogne.

Mais c’est précisément parce que leur monde d’exclusion et d’égoïsme, de prébendes et de lucre, n’est pas le nôtre que plus que jamais nous devons être fiers d’être socialistes et rappeler inlassablement que nous sommes LE moteur du progrès si l’on définit celui-ci comme étant la transformation de la société dans un sens positif, pour tous les citoyens.

Camarades, quand je vois la misère, je dis bien la misère, se répandre dans nos rues et nos quartiers, quand je vois dans quelles difficultés doivent se débattre des travailleurs dont le salaire ne permet pas de faire vivre dignement leur famille, quand je vois la classe moyenne tirée sans cesse vers le bas, quand je vois des femmes et des hommes cabossés par la vie, par le stress, par la culpabilité de ne pas correspondre aux canons de la mode libérale et que, dans le même temps, les riches sont plus riches chaque jour qui passe, qu’ils font de l’argent en dormant comme le disait Mitterrand, je suis révolté.

Nos aînés ont conquis, durement, une amélioration des contions de vie de chacun. Et au moment où la technique et la technologie nous ouvrent de nouveaux champs de conquête – je pense notamment à une nouvelle organisation du travail avec une diminution du temps de travail qui ouvrira des perspectives pour de nouvelles émancipations, individuelles et collectives -, je ne peux accepter que les plus aisés, ceux qui ont déjà tant, en veuillent encore plus.

Je ne peux accepter comme une fatalité que 15% de nos jeunes sortent de l’école sans le moindre diplôme, ce qui les condamne le plus souvent à chercher en vain un emploi ou à accepter les petits boulots à la Michel, sous payés, sous garantis. De la chair à canon capitaliste.

Je ne peux pas  accepter que, comme au Japon ou aux Etats-Unis de Trump, à l’issue d’une vie de travail, les retraités soient contraints de retravailler au rabais, simplement pour pouvoir nouer les deux bouts et proposer à vil prix leur expérience et leur expertise.

Je ne peux pas accepter de vivre dans une société hérissée de barbelés, par peur de l’autre, de tous les autres, dans une société qui démantèle les services publics puisque eux peuvent s’offrir ces services sur mesure.

Quand je vois les dégats qu’entrainent des décisions taillées sur mesure pour d’autres et décidées à Anvers, quand je vois les conséquences dramatiques d’une trahison indigne, qui vont de la remise en cause de l’initiative industrielle publique à la menace que la réforme des points APE fait peser sur tout le tissu associatif et culturel, cela décuple mon énergie à continuer le combat.

Ce n’est qu’un début, continuons le combat disaient les étudiants en Mai 68, ce grand moment de liberté que vilipende aujourd’hui la droite, de Sarkozy à De Wever et qui ne travaille qu’à la restauration des privilèges. De tous les privilèges.

Voilà pourquoi, il faut encore se battre pour l’égalité, pour la liberté, pour la justice, pour la solidarité, pour le progrès. En d’autres mots, voilà pourquoi il faut encore être socialiste et plus socialiste que jamais.

Je terminerai en citant quelques phrases.

« J’observe que vous avez en Amérique un système économique connu sous le nom de capitalisme. Vous avez pu faire des merveilles  grâce à ce système économique. Vous êtes devenu le pays le plus riche du monde et vous avez construit le plus grand système de production que l’histoire ait jamais connu. Mais, Américains, vous courez le danger de faire un usage néfaste de votre capitalisme. Je soutiens toujours que l’argent peut être la racine de tous les maux. Il peut entrainer l’homme à vivre dans un matérialisme grossier. Je crains que beaucoup parmi vous ne soient davantage préoccupés par le fait de gagner leur vie que de se faire une vie. Vous êtes enclins à jauger votre réussite professionnelle à l’importance de votre salaire et à la taille des jantes de votre voiture, non à la qualité de votre contribution à l’humanité ».

Cela reste vrai pour l’Amérique de Trump mais l’est tout autant pour les autres capitalistes.

L’auteur de ces quelques phrases était pasteur et socialiste. Il a été assassiné voici 50 ans. Il s’appelait Martin Luther King.

 

Jean-Claude Marcourt