Jean-Claude Marcourt

Notre premier réseau Social, c’est la Solidarité ! 

Toutes les nouvelles

Bon premier mai à toutes et tous!

01/05/2017 00:00 / Amon nos ôtes

Bon premier mai à toutes et tous!

Retrouvez ci-dessous le discours que j'ai prononcé à Liège à l'occasion de cette fête du travail 2017. 

Camarades,

 

Au fil de nos combats, nous avons connu des Premiers Mai plus difficiles que d’autres. Et celui-ci, pour toutes sortes de raisons, en fait partie. Mais je voudrais vous dire, malgré les difficultés, à cause d’elles aussi, que je suis fier d’être socialiste.

 

Soyons fiers d’être socialistes, nourris des valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité, de fraternité aussi. Et portons ces valeurs la tête haute, le regard assuré et le cœur plein d’espoir.

 

Je suis fier d’être socialiste et je suis triste aussi que des comportements obèrent notre idéal, notre raison d’être et de militer. Mais parce que j’ai cet idéal chevillé au corps, je demande que la justice et l’égalité de traitement des uns et des autres ne soient pas des notions aléatoires, particulières, expéditives.

 

 Camarades,

 

Il nous faut tirer tous les enseignements – je dis bien tous les enseignements- des moments difficiles que nous venons de traverser.

En corrigeant ce qui doit l’être, et il y a matière, mais aussi en assumant, en défendant, en revendiquant  nos choix pour l’intervention et l’initiative économiques publiques.

 

Car il ne faut pas être naïf : la virulence des propos pour dénoncer des errements bien sûr inadmissibles ne doit pas nous tromper. A travers ces errements, ces erreurs – et c’est bien pourquoi ils me mettent en colère – c’est aussi sinon avant tout notre conception de l’initiative publique qui était et est visée.

 

L’économie n’est pas une fin en soi mais le moyen de créer de la richesse. Et pour que celle-ci bénéficie à tous, de manière à donner à chacun les moyens de vivre le mieux possible, nous devons intervenir à tous les niveaux de la chaine économique. Afin de garantir l’intérêt collectif et ne pas laisser les intérêts particuliers dicter leur loi, la loi de la jungle.

 

Nous socialistes, et sans doute plus à Liège qu’ailleurs, sommes plus que jamais attachés à l’initiative industrielle publique et nous continuerons contre vents et marée à défendre cette conception indispensable de l’économie.

 

Et cette conception, pour moi renvoie à un nom : le renardisme. Avec ses réformes de structure et la nécessité du fédéralisme, un fédéralisme adulte qui donne à notre région tous les instruments indispensables pour pouvoir agir à notre redressement, à l’épanouissement de notre population, à l’accès de celle-ci, de toute celle-ci, à des conditions de vie décente et à l’accomplissement de son destin collectif.

 

Je le dis depuis des années : nous,  les Wallonnes et les Wallons, c’est-à-dire les femmes et les hommes qui vivons en Wallonie, quelle que soit notre origine ou la couleur de notre peau, nous ne nous en sortirons que par nous-mêmes.

 

Et il ne s’agit pas ici d’un débat pour politiques entre politiques qui s’amusent à bricoler de l’institutionnel. Non, ce débat est crucial car il conditionne le destin de la Wallonie et de ses habitants.

 

Du chemin a été parcouru : on n’en est plus à la restructuration défensive. Nous avons réalisé des ruptures culturelles majeures et on peut désormais parler d’un nouveau paradigme industriel wallon. C’est le défi relevé du plan Marshall.

 

Aujourd’hui, nos outils publics n’ont plus pour mission première de limiter la casse, mais ils investissent dans l’informatique, les biotechnologies et le spatial...

 

Mais il faut aller plus loin, il faut aller plus vite.

 

On ne naît pas régionaliste. On le devient. Par nécessité. Et aussi par ambition pour sa région.

 

 

Nous avons voulu la région à une époque où les Flamands ont mis la main sur l’Etat belge.

Aujourd’hui ils continuent à siphonner l’Etat fédéral, avec le concours d’un Premier Ministre, qui leur a permis un rêve qu’ils nourrissaient depuis plus de 25 ans : un gouvernement sans socialistes. Ils l’ont eu. Ne nous étonnons donc pas si Charles Michel cartonne dans les hit-parade au nord du pays.

 

Les Wallonnes et les Wallons n’ont rien à attendre de positif d’un tel gouvernement fédéral.

 

Comment, dès lors, ne pas remettre à l’agenda, avec force et détermination, le dossier de la cohérence de la Wallonie et notamment de l’enseignement, quand on sait à quel point l’enseignement, dès le plus jeune âge, conditionne le reste de la vie et principalement l’accès à l’emploi et à l’intégration sociale par l’emploi.

 

Comment accepter sans se révolter que 16% des jeunes Wallons quittent l’enseignement secondaire sans diplôme alors qu’ils ne sont que 7% en Flandre.

 

 

Comment constater, sans s’en offusquer, avec juste un soupir fataliste,  qu’un enseignement non adapté au bassin de vie dans lequel il est donné ne parvient pas à répondre aux pénuries que connaissent certaines filières d’emploi dans ce même bassin. Or si l’enseignement ne doit et ne peut être résumé à la programmation utilisatrice de tel ou tel type de travailleurs, nous savons aussi , nous , socialistes, à quel point un emploi de qualité est un gage important pour réussir sa vie en général et sa vie sociale en particulier.

 

Comment refuser de voir que la réalité culturelle comme socio-économique n’est pas la même ici et là. Et cela n’a rien à voir avec un quelconque repli sur soi. Ouvrir les yeux est le contraire du repli. Cela permet au contraire de regarder l’avenir sans œillère, avec détermination et esprit de conquête.

 

Je voudrais qu’en Wallonie, l’exigence légitime d’un emploi, d’un niveau de vie décent tout au long de la vie soient la norme et que l’accès aux soins de santé ne soit pas conditionné par le niveau de ses revenus.

 

Je voudrais qu’en Wallonie, on en finisse avec le désenchantement politique et le deuil des désirs collectifs.

 

Je voudrais qu’en Wallonie, on puisse afficher une fierté légitime pour ce que nous sommes capables de réussir et que nous réussissons d’ailleurs.

 

Camarades, 

 

Il est temps, il est grand temps, que notre parti affirme avec force des propositions offensives.

 

Nos revendications doivent être portées avec une détermination sans faille et nous ne devons pas craindre de faire entendre nos différences et de sortir du consensus mou auquel certains répondent par le populisme qui, quelle que soit la couleur qu’il revendique, n’est jamais qu’une chimère.

 

Il n’est que grand temps, par exemple, d’avancer sur une nouvelle organisation du temps de travail.

 

Parce que la révolution numérique est à nos portes  et va bouleverser le rapport au travail. La révolution numérique a déjà changé profondément le comportement des jeunes.

 

Pour les jeunes, qui sont aujourd’hui en proie à toutes les interrogations et à qui certains ne veulent réserver qu’incertitude, compétition, exploitation, nous devons faire de la révolution numérique l’instrument de nouvelles conquêtes sociales qui libèrent des tâches les plus ingrates et les plus pénibles et qui permettent d’ouvrir de nouveaux horizons.

 

Et parce que cette nouvelle organisation du temps de travail, à discuter, à négocier, à encadrer,  nous devons la concevoir et la revendiquer dans le droit fil de nos conquêtes antérieures: le jour de repos hebdomadaire obligatoire, la semaine des 48 puis des 40 heures, les congés payés.

Pas question, bien sûr, d’ubériser notre société ni de nous faire imposer la flexibilité débridée à tous les étages.

 

Cette nouvelle organisation du temps de travail doit être aussi un outil d’émancipation et de bien-être. Cela doit dégager du temps pour s’occuper des enfants ou des plus âgés, pour retisser des liens entre les générations,  pour se consacrer au jardinage ou à la musique, que sais-je, pour se cultiver, pour s’engager dans des projets d’intérêt collectif et dans la vie associative.

 

Cela doit aussi nous encourager à inventer, à réinventer, de nouvelles organisations du travail. J’ai pris un certain nombre d’initiatives pour faciliter et encourager la création de coopératives ouvrières. Je suis persuadé de la pertinence de telles coopératives qui privilégient l’intérêt des travailleurs et non le seul revenu des actionnaires. Je voudrais, à cet égard, saluer les travailleurs de Truck Technic pour le combat exemplaire qu’ils mènent.

 

Tout cela doit participer activement au retour de la citoyenneté, faite de droits et de devoirs mais aussi d’envie et de volonté de vivre ensemble, de sortir de cette fausse proximité que font trop souvent miroiter les réseaux sociaux, de porter un projet d’émancipation collective qui, cela me paraît une évidence, est indissociable d’un respect toujours plus affirmé de l’environnement, dont dépend tellement notre qualité de vie.

 

Le socialisme d’aujourd’hui intègre pleinement la notion de développement durable. En développant l’économie circulaire comme nous le faisons, nous concilions la création d’activités et la protection de l’environnement, nécessité absolue pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète en ordre de marche mais aussi pour éviter que la discrimination environnementale s’ajoute à la discrimination sociale contre laquelle nous nous battons.

Camarades,

 

Le parti c’est vous, les militants. Pour paraphraser l’Internationale, sans vous, il n’est rien ; avec vous, il est tout !

Je vous souhaite une bonne fête de Premier Mai et vous donne d’ores et déjà rendez-vous prochainement pour porter, ensemble, nos nouveaux défis.