Sont Wallons, les femmes et les hommes qui vivent en Wallonie. Pas de droit du sang, pas de préférence ethnique, pas de rejet de l’autre chez nous. Sont Wallonnes et Wallons, les femmes et les hommes de bonne volonté qui font société chez nous.

Fêtes de Wallonie

14 septembre 2019

 

De la vallée de l’Our au pays des collines, de l’enclave de Comines à celle de Fourons, de la Gaume au Condroz, du Bois de Treignes à la forêt d’Anliez, des berges de la Dyle aux rives de la Meuse, la Wallonie est diverse et unique à la fois.

Avec, de quelque province que ce soit, le même respect de l’autre, la même attention à l’autre, parfois la tête près du bonnet mais toujours avec la volonté d’aller de l’avant, même quand les circonstances sont difficiles et nous en avons traversé notre lot.

La Wallonie a été une terre de travailleurs, d’inventeurs, de créateurs. Une terre où se lever le matin pour gagner son pain fait partie de l’ADN. Une terre qui a fait la richesse de la Belgique, de toute la Belgique.

Depuis quelques années, la Wallonie a enrayé son déclin. Elle a choisi de repartir de l’avant, en misant sur des secteurs économiques pour lesquels elle a de justes ambitions internationales. Chacun connaît mon credo à cet égard et je ne vais pas vous faire l’offense de le rappeler. D’autant qu’ambitions économique et écologique sont non seulement conciliables mais doivent désormais être convergentes. L’économie sociale nous le montre chaque jour.

L’effort entrepris, nous devons, collectivement, le poursuivre et l’amplifier avec une attention particulière à notre inscription active dans la révolution numérique – qui a été oubliée ces derniers mois – et dans le développement de la recherche et de la créativité.

C’est une partie de la clef du succès du Grand-Duché de Luxembourg et Xavier Bettel, son Premier Ministre ne me démentira pas. Avec une particularité bancaire  bien connue mais aussi avec une industrie traditionnelle identique à la nôtre, je parle bien sûr de la sidérurgie, le Grand-Duché a su moderniser son économie au point d’être aujourd’hui, avec Bruxelles, un pôle d’emploi incontournable pour nombre de Wallonnes et de Wallons.

Il est évidemment vain de penser et a fortiori de croire que quiconque, par je ne sais quelle grandeur d’âme, va nous aider, nous Wallonnes et Wallons, à repartir à l’offensive, à regarder demain avec confiance et détermination.

Au sortir de l’hiver 60-61, André Renard ne disait rien d’autre, déjà, en réclamant réformes de structures et fédéralisme, autant de revendications portées par le MPW, le Mouvement Populaire wallon, chaque mot a son importance.

Les atermoiements mis à s’inscrire sur la voie du fédéralisme, de façon volontaire et volontariste, ont fait perdre à la Wallonie de précieuses années pour moderniser son économie et faire face tant aux changements de paradigmes sociétaux et environnementaux qu’à l’appétit croissant du nord du pays. Nous payons toujours aujourd’hui ce retard et c’est celui-ci que nous devons désormais combler de manière définitive.

Cela exige que nous prenions notre destin à bras le corps. Pas pour nous replier sur nous-mêmes, comme le répètent en boucles celles et ceux qui n’aiment pas la Wallonie, qui la méprisent ou qui se nourrissent sur la bête. Bien au contraire. Nous avons une chance inouïe de vivre dans une région ouverte sur le monde, ouverte aux autres cultures, ouverte à celles et ceux qui choisissent d’y vivre. 

Pour nous, sont Wallons, les femmes et les hommes qui vivent en Wallonie. Pas de droit du sang, pas de préférence ethnique, pas de rejet de l’autre chez nous. Sont wallonnes et wallons, les femmes et les hommes de bonne volonté qui font société chez nous.

Prendre son destin en mains, c’est justement faire société sur base des valeurs de solidarité, de justice et de fraternité. C’est faire société pour que chacun puisse s’épanouir et s’émanciper.

Pour cela, il faut se saisir de tous les leviers utiles. Je ne dis pas qu’il faut ouvrir le chantier d’une nouvelle réforme de l’Etat alors que la sixième réforme est loin d’avoir été entièrement digérée.

Mais force est de constater que, dans le monde-village dans lequel nous vivons, les réalités, modes de vie, de penser, de voter s’éloignent davantage, chaque jour qui passe, d’un côté à l’autre de la frontière linguistique.

Il appartient aux femmes et aux hommes politiques de ce pays de chercher des solutions équilibrées et efficaces pour le bien-être de l’ensemble de la population.

Les premiers leviers utiles, quand on sait l’importance qu’ils ont pour la formation, pour l’accès à l’emploi, pour la créativité et pour l’émancipation individuelle et collective, s’appellent évidemment culture et enseignement, enseignement de promotion sociale compris. L’apprentissage, la remise à niveau, la découverte de nouveaux horizons sont en effet autant de vecteurs de citoyenneté et d’émancipation. C’est pourquoi le développement de l’enseignement et de la formation de promotion sociale est essentiel dans un monde en constante mutation.

C’est à l’école que tout commence. C’est elle qui doit permettre à chacun de se construire, qui doit installer l’égalité comme vertu cardinale, qui doit ouvrir la voie vers l’emploi.

La culture, c’est l’école de la vie tout au long de la vie. D’où l’impérieuse nécessité qu’elle soit accessible à toutes et tous, en ce compris géographiquement, et qu’elle n’avilisse pas mais qu’elle tienne au contraire à ouvrir l’esprit au beau, à la tolérance, et à la réflexion.

Voilà pourquoi, et pour rien d’autre, la Wallonie doit pouvoir s’appuyer sur l’enseignement et la culture pour aller de l’avant.

La confiance, et singulièrement la confiance en soi, ne se décrète. Elle s’acquiert petit à petit et, si trop de confiance conduit souvent à la désillusion, le manque de confiance, lui, tétanise et embourbe dans l’immobilisme.

Nous avons besoin de reprendre confiance en nous et tant l’enseignement que la culture, doivent nous y amener.

Les défis auxquels la Wallonie est confrontée sont nombreux. Il nous faudra du temps, des efforts et de la confiance en nous-mêmes pour les surmonter. Et rien ne pourra se faire sans la volonté du peuple wallon.

 

Soyons fiers de notre  Wallonie et de ce qu’elle fut.

Soyons fiers et confiants de ce qu’elle sera.

 

Vive la Wallonie !